La vie intérieure

Nous sommes ici au cœur de l’œuvre de Charles-Clos Olsommer. Si les compositions de ses débuts laissaient entrevoir tout un monde intérieur, l’aspect fabriqué et littéraire de ce symbolisme leur conférait une certaine superficialité, teintée d’anecdotisme. L’importance du contexte végétal ajoutait encore à cette impression; virtuosité technique et richesse imaginative ne pouvaient cacher un certain goût de l’art à la mode.

Mais bientôt, Olsommer va tendre à une plus grande simplicité. Dans les titres qui sont le reflet fidèle des intentions du peintre de Veyras, on relève avec intérêt, qu’en 1916 déjà figurent “Prière” et “Vie intérieure”, exposés à Neuchâtel, alors qu’en 1921 est montré, à la Chaux-de-Fonds, un “Silence religieux”. La thématique propre à l’artiste est donc présente dès ces années-là. Mais l’âge d’or n’intervient que dans les années vingt pour se poursuivre durant la décennie suivante.

 La récurrence des thèmes sur plus de vingt ans et la rareté des datations rendent impossible une chronologie précise. A défaut de périodes, on distinguera, pour ce thème universel et infini, des catégories, toutes liées au monde de l’allégorie et de l’inspiration religieuse. On peut en compter trois. La première comprend les scènes communes à toutes les races et à toutes les religions. Ce sont le silence, la méditation, la prière, la prostration, visualisés par des attitudes, des poses ou des gestes tels que le doigt sur la bouche, mains jointes ou agenouillement. La seconde est marquée par la culture. Des attributs spécifiques viennent apporter des éléments d’identification. Ainsi le livre, qui, dans de nombreuses compositions est une vieille Bible allemande, souvenir du séjour munichois. Enfin, les scènes purement chrétiennes, où les attributs se précisent encore: croix, crucifix. Le nimbe ou l’auréole entourent fréquemment la tête du personnage: plus que la seule sainteté, il signifie son rayonnement intérieur.

On a quelquefois reproché à cette longue suite d’images de se répéter. Si l’on examine attentivement les versions différentes d’un même thème, on ne peut qu’admirer l’extrême diversité des attitudes et des expressions, nuancées par les variations chromatiques et graphiques d’un Olsommer rompu aux exercices stylistiques des partisans de l’art nouveau. Le reproche de mièvrerie tombe, devant le naturel de ces modèles; quant à critiquer le caractère trop parfait de ces compositions, lui seul convenait pour rendre l’intensité intérieure que l’artiste recherchait. Cet aspect de l’œuvre d’Olsommer constitue sa contribution originale à l’histoire de l’art en Suisse.

 

Portrait aux volutes, années 20, encre de Chine, pastel et or sur papier

 

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