La récurrence des thèmes sur plus de vingt ans et la rareté des datations rendent impossible une chronologie précise. A défaut de périodes, on distinguera, pour ce thème universel et infini, des catégories, toutes liées au monde de l’allégorie et de l’inspiration religieuse. On peut en compter trois. La première comprend les scènes communes à toutes les races et à toutes les religions. Ce sont le silence, la méditation, la prière, la prostration, visualisés par des attitudes, des poses ou des gestes tels que le doigt sur la bouche, mains jointes ou agenouillement. La seconde est marquée par la culture. Des attributs spécifiques viennent apporter des éléments d’identification. Ainsi le livre, qui, dans de nombreuses compositions est une vieille Bible allemande, souvenir du séjour munichois. Enfin, les scènes purement chrétiennes, où les attributs se précisent encore: croix, crucifix. Le nimbe ou l’auréole entourent fréquemment la tête du personnage: plus que la seule sainteté, il signifie son rayonnement intérieur.
On a quelquefois reproché à cette longue suite d’images de se répéter. Si l’on examine attentivement les versions différentes d’un même thème, on ne peut qu’admirer l’extrême diversité des attitudes et des expressions, nuancées par les variations chromatiques et graphiques d’un Olsommer rompu aux exercices stylistiques des partisans de l’art nouveau. Le reproche de mièvrerie tombe, devant le naturel de ces modèles; quant à critiquer le caractère trop parfait de ces compositions, lui seul convenait pour rendre l’intensité intérieure que l’artiste recherchait. Cet aspect de l’œuvre d’Olsommer constitue sa contribution originale à l’histoire de l’art en Suisse.